Dans une communication solennelle et directe, le procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry a pris la parole pour placer l’opinion publique face à la gravité de la situation. S’exprimant sans détour, il déclare : « Le procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry porte à la connaissance de l’opinion publique ses vives préoccupations face à la recrudescence signalée de vidéos à caractère sexuel ou obscène impliquant des enfants, des élèves et certains majeurs, ainsi qu’à la présence récurrente d’élèves dans les rues et les lieux inappropriés pendant les heures officielles de cours ». Il précise également que « ces comportements, lorsqu’ils sont établis, sont susceptibles de constituer des infractions aux dispositions du Code pénal, du Code de l’enfant et aux textes législatifs réglementant le système éducatif guinéen », soulignant qu’« ils portent gravement atteinte à la dignité, à l’intégrité physique et morale, à la sécurité ainsi qu’à l’avenir des enfants ».
Poursuivant son intervention pour détailler les actions opérationnelles menées sur le terrain, l’intervenant expose les instructions fermes données aux forces de l’ordre : « En conséquent, le procureur instruit l’Oprogem et le Service central de protection des personnes vulnérables, chacun dans le cadre de ses attributions, de renforcer les patrouilles diurnes et nocturnes sur toute l’étendue de la ville de Conakry et d’identifier les opérations de contrôle aux abords des établissements scolaires, dans les hôtels, les lieux de loisirs, ainsi que dans tout autre endroit susceptible d’accueillir des élèves pendant les heures de cours ». Il ajoute en donnant des ordres précis : « Il leur demande également de procéder à la vérification systématique de la situation de tout élève rencontré hors de son établissement durant les heures officielles de cours et de prendre, le cas échéant, les mesures appropriées conformément aux lois et règlements en vigueur », avant de conclure sur ce volet que « les personnes soupçonnées d’infraction devront faire l’objet de mesures légalement appropriées et, le cas échéant, être déférées devant les juridictions compétentes ».
Abordant ensuite la coresponsabilité des familles et de la société, le procureur formule son appel à la vigilance collective en ces termes : « Le procureur spécial rappelle aux parents et tuteurs leurs devoirs de surveillance et de protection, et aux responsables des établissements scolaires, leurs obligations de veiller à l’assiduité des élèves, de signaler les absences injustifiées et de prendre les mesures relevant de leurs compétences ». Il lance enfin cet avertissement direct : « Le procureur spécial appelle enfin les familles, les éducateurs, les propriétaires des lieux de loisirs et l’ensemble des citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler aux autorités compétentes toute situation mettant en danger un enfant, tout en s’abstenant de diffuser des images susceptibles de porter atteinte à sa dignité ».
Par cette sortie musclée, le parquet pour enfants envoie un signal fort : la protection de l’enfance n’est pas négociable. Au-delà de la répression, c’est un appel à la responsabilité collective qui est lancé pour sauver l’école guinéenne et préserver l’avenir des enfants.*
Doumbouya Ibrahima Sory pour Benty224.com



